Je naufrage,
coule à pic,
comme un corps sans vie je flotte entre deux eaux....
Quels sont ces liens qui me retiennent au soleil ,
comme des algues,
ces mains qui me tirent vers le bord?
Mais je naufrage,
vent du large,
éclaboussant mes cheveux;
dans le temps,
le néant,
j'entends battre le coeur des dieux;
qu'on me laisse ,
qu'on me berce
entre deux courants contraires;
je dis vagues,
je divague,
dans le flux qui m'emporte...
Je naufrage,
cartilage
de mes os en rupture;
mais nature
dénature
le silence qui me hurle ;
je m'absorbe
me dérobe
océan qui murmure
je médite
je m'évite
dans le miroir sans tain.
Je naufrage
marécage
mon néant en abysse
l'aube en moi dans le rêve...
faim de mort,
fin des mots
je naufrage
m'abandonne
dans la nuit
de ma vie
ysatis