Jardin de décembre

Jardin de décembre
huile sur toile
décembre 2006

# Posté le mercredi 04 juillet 2007 01:57

Sur les bords du Loch Ness

Sur les bords du Loch Ness
Sur les bords du Loch Ness


Vaste étendue aquatique où le ciel se confond à l'eau
dans le gris uniforme de ce brouillard impénétrable.
Les murmures s'étouffent dans l'épais manteau
qui emprisonne les rives d'un voile inexorable.

Cheminant dans le silence, engluée dans la toile
des légendes d'autrefois, si présentes en ce lieu,
j'ourdis de sombres pensées en les ruines féodales
d'Urquhart, immense, sombre et silencieux.

J'écoute, attentive, les bruits qui ne viennent pas;
les ombres qui cheminent avec moi, je ne les vois pas.
Je suis seule, au sein de l'ample multitude de ces spectres
entachés de néant dans cette brume qui me guette.

Est ce mon coeur, ce battement sourd, régulier
un quelconque tambour grondant dans l'obscurité?
Tout en moi résonne en folle et avide réceptivité
à m'engager plus loin au coeur de l'immensité...

L'eau est à proximité, je le sais, je la sens, je l'entends
au clapotis qui maintenant cerne mon horizon aveugle.
Avancer, encore? Demeurer au bord de l'espace meuble?
La voix qui m'appelle est elle salvatrice ou tourment?

Le Loch s'étend à mes pieds et je ne le vois pas;
le danger en vérité, où se trouve t il ailleurs qu'en moi?
Le monstre qui le peuple est il fait de toutes nos peurs
ancestrales, viscérales, inexpugnables frayeurs?

Je me laisse bercer par toutes mes pulsions meurtrières
mais je sais qu'en moi demeure inébranlable la lumière;
quelle que soit l'ombre qui s'approche de la berge,
ma foi, mon amour, mes espoirs me protègent.

Le brouillard qui s'étend au pied des murailles,
cachant aux yeux profanes le sceptre dans la faille,
je m'en vêtirai, comme un manteau éphémère
pour le rejeter au delà de l'astre solaire.

Les ondes aquatiques irradieront de tous leurs feux;
les frondaisons perdues au dessus du loch scintilleront,
les mortels aux spectres murmureront leurs adieux;
à la vie je reviendrai dans la clarté et la raison.


Ruines d'Urquhart
12/08/04

# Posté le dimanche 24 juin 2007 11:46

la chute de la maison Usher

la chute de la maison Usher
acrylique 2006

# Posté le dimanche 24 juin 2007 11:35

Cris incertains

Cris incertains
Voix silencieuses, cris incertains
Reflets de lumière dans les abysses.
Ondes sinueuses aux jardins des damnés...
Pluie de larmes aux nuées gémissantes.

Voix silencieuses, cris incertains
Echos de clarté dans les obscurités
Ample mouvance aux jardins des damnés...
Pluie de sang aux vents implorants.

Voix silencieuses;cris incertains
Gestes anguleux dans la pénombre
frémissements suintants aux jardins des damnés...
Pluie de sable aux vagues déchaînées.

Voix silencieuses,cris incertains
Raucité de la douleur s'écorchant aux piliers
Lueurs assassines aux regards des damnés
Pluie de feu aux horizons ensanglantés

Voix silencieuses,cris incertains
fantômes assoiffés de vengeance ou d'amour
spectres hantés de ces jours de fin du monde
ombres éphémères dans l'immortelle souffrance...

Ysatis

# Posté le samedi 23 juin 2007 08:26

A propos du serpent

A propos du serpent
Et pourquoi parler du ver
ce teigneux ténia solitaire
il est bien plus judicieux
de causer de ce tête à queue.

Causons donc du serpent
ce sinueux séduisant
beau parleur d'Eve ingénue
qui sur ses cuisses s'y mue.

Ce charlatan à sonnettes
qui ne raconte que sornette
qui fit croquer pomme à Adam
lui laissant des pépins en châtiment.

Parlons avec délice de ce ver à vice
qui se logea sans myopie ni coulisse
au sein dessein de nos oeuvres
à qui il fit avaler belle couleuvre.

Discourrons sans égarts de python
qui dardant sa belle langue de vipère
crachait venin, sifflait son petit air
le temps que tu trouves solutions.

Alors, tête ou queue ou bien les deux
qu'importe le cou si il tient bien le coup
restant silencieux au milieu des fougères
le serpent lui aussi se fit ver solitaire

Ysatis


Huile sur toile de Jeang
"Monstres dépoissonnés"

# Posté le samedi 23 juin 2007 08:15

Modifié le samedi 23 juin 2007 15:53